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Jean-Marc Maurice (FN), six mentions au casier judiciaire, chevalier blanc en difficulté

samedi 28.05.2011, 05:03- PAR SAMUEL COGEZ ET BENOÎT FAUCONNIER

 Jean-Marc Maurice a écopé d'une sixième condamnation jeudi. Le 7 juin, il est convoqué devant le tribunal de Cambrai.  PH. ARCHIVES DELPHINE PINEAU Jean-Marc Maurice a écopé d'une sixième condamnation jeudi. Le 7 juin, il est convoqué devant le tribunal de Cambrai. PH. ARCHIVES DELPHINE PINEAU

| EN DIRECT DU TRIBUNAL |

La lourde condamnation de l'élu FN Jean-Marc Maurice à un an de prison ferme pour abus de biens sociaux (il peut faire appel) aura-t-elle des conséquences sur la vie politique arrageoise ? Pas sûr. Mais ce conseiller municipal et régional aura désormais du mal à être audible quand il mettra en cause quelque aspect de la gestion des collectivités dans lesquelles il siège.

 

Si Jean-Marc Maurice a été condamné dans le cadre de ses activités commerciales à un an de prison ferme, la peine prononcée par le tribunal ne changera vraisemblablement rien au destin politique de cet éluFN : pas d'inéligibilité, puisqu'il s'agit d'un jugement prononcé pour abus de biens sociaux notamment.

Mais le parcours judiciaire de Jean-Marc Maurice est encore lesté. Les électeurs retiendront-ils ses déboires privés ? Avant d'être condamné jeudi ( notre édition d'hier), M. Maurice comptabilisait cinq mentions à son casier. Dont une banqueroute, un outrage à agent dépositaire de l'autorité publique, une interdiction de gérer pendant dix ans, un vol en réunion, et une amende pour escroquerie. Ce lourd passé judiciaire, le tribunal en a tenu compte, explique Mme Bru, la présidente, devant le prévenu.

Voilà une sixième mention : une année de prison, une amende de 10 000 E, et une interdiction définitive de gérer une entreprise. Avec la révocation d'un sursis de quatre mois, voilà quatorze mois de prison au compteur de J2M. Quelle attitude adoptera-t-il en public, ou en séance de conseil municipal ou régional ? Le Monsieur Propre, le chevalier blanc de la politique, va-t-il en souffrir ?

La justice, Jean-Marc Maurice y avait eu recours en 2009, suite à la publication d'un rapport de la chambre régionale des comptes sur la gestion municipale.

Il avait déposé plainte contre X pour prise illégale d'intérêt, dénonçant le fait que des élus du conseil municipal votant des subventions siégeaient aussi dans certaines associations concernées. Sans suite.

L'élu franc-tireur de l'époque a laissé place, jeudi, à la barre du tribunal, à un ex-patron d'entreprises qui attribue les responsabilités à d'autres.

Sa réussite depuis 2008 en politique (élu FN au conseil municipal d'Arras, élu à la Région, en 2010, il échoue aux cantonales de mars) contraste avec le J2M « privé » transparent devant le tribunal. Il se dit commercial. Affirme qu'il n'est pas un gestionnaire. J2M veut « créer des sociétés pour ne pas laisser des gens au chômage ». Mais les embauches ont été rares. Lui même voit en ses activités une planche de survie : « Je n'ai jamais profité du système de chômage. » Larme, ou pas larme ? Pour le procureur Arlaux, il s'est agi d'une « gestion à l'aveugle des sociétés », à la direction confiée à des « gérants de papier ». Rien que des femmes, dont certaines de ses compagnes ou ex-concubines. Les négligences de l'une d'elles, Rita Duborper, lui valent deux mois de prison avec sursis et 1 000 E d'amende pour complicité de gestion malgré une interdiction judiciaire, et recel de biens sociaux. « Il est entouré de femmes. Les gestionnaires de paille, est-ce une mise en scène de coureur de jupons ? Non, c'est un faible qui a besoin d'une présence féminine », estime Me Durand, l'avocat de J2M. Nul ne sait si cette faiblesse affichée est un costume d'apparat.

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